19 avril 2006
Après les révoltes sociales les rencontres citoyennes d'Aclefeu
Recueillir les doléances, débattre, retrouver un souffle citoyen après les violences de l'automne dernier : le choix d'action du collectif Aclefeu. Vendredi dernier, ses membres ont rencontré les Tourangeaux.
Une table installée en plein milieu de la rue de Bordeaux, des jeunes qui accostent les passants. La scène peut paraître habituelle en plein centre de Tours, mais ce qui l'est moins, c'est le nombre de gens qui s'installent pour remplir le questionnaire tendu. « Nous restons rarement plus de trois heures au même endroit, explique Virginie, Mais à chaque fois, nous recueillons entre 300 et 400 documents remplis. » Professeur de français en région parisienne, cette jeune femme a décidé de se joindre au collectif Aclefeu. « En octobre dernier, l'image des violences, donnée par la télé, n'était pas celle du terrain. Les médias ont montré les voitures qui brûlaient mais n'ont jamais expliqué la problématique de cette génération encore tributaire de l'après-colonialisme. Cette situation a révolté des profs, des éducateurs, des juges, des étudiants, des citoyens de Clichy-sous-Bois, tout simplement, qui ont créé ce mouvement : “ AC ” pour Association collectif, “ L ” pour liberté, “ E ” pour égalité, “ F ” pour fraternité, “ E ” pour ensemble et “ U ” pour unis. Nous souhaitons faire remonter la parole du peuple à ceux que l'on élit. Nous demandons donc aux personnes résidantes en France, de remplir un formulaire en notant leurs thèmes par ordre de priorité, le constat qu'elles en font et surtout leurs propositions pour améliorer la situation. »
“ Prendre sa carted'électeur est le moyen indispensable aux changements ”
En quatre semaines, deux minibus vont ainsi sillonner les grandes villes françaises après les villes parisiennes touchées de plein fouet. « Car les problèmes dépassent les banlieues, poursuit Virginie. A Paris ou en province, les gens demandent plus de considération, de respect et se plaignent de la précarité. Ces questionnaires, nous les remettrons à l'Assemblée nationale en octobre prochain. » Le collectif entend utiliser ce cahier de doléances comme un outil démocratique. « Il faut comprendre que prendre sa carte d'électeur donne un réel poids à notre démarche et que, de toute façon, c'est le moyen indispensable aux changements », continue Samir, porte-parole du collectif. Lors du débat organisé en fin d'après-midi, le jeune professeur soulignait la relative qualité de vie tourangelle et insistait sur le besoin de développer le dialogue pour la défendre et éviter les dérapages. Des messages déjà diffusés localement par les associations Ma cité va voter, Sam'ira et Diversi-t37. Dès le mois de mai, cette dernière lance d'ailleurs une mobilisation civique afin de réduire la fracture citoyenne et culturelle qui s'installe dans les quartiers. Un an avant les échéances de 2007…
Contacts : aclefeu@laposte.net ;
diversit37@voila.fr ou 06.67.93.76.63.
Magalie BERRY
La Nouvelle République
Mecredi 19 avril 2006
Une table installée en plein milieu de la rue de Bordeaux, des jeunes qui accostent les passants. La scène peut paraître habituelle en plein centre de Tours, mais ce qui l'est moins, c'est le nombre de gens qui s'installent pour remplir le questionnaire tendu. « Nous restons rarement plus de trois heures au même endroit, explique Virginie, Mais à chaque fois, nous recueillons entre 300 et 400 documents remplis. » Professeur de français en région parisienne, cette jeune femme a décidé de se joindre au collectif Aclefeu. « En octobre dernier, l'image des violences, donnée par la télé, n'était pas celle du terrain. Les médias ont montré les voitures qui brûlaient mais n'ont jamais expliqué la problématique de cette génération encore tributaire de l'après-colonialisme. Cette situation a révolté des profs, des éducateurs, des juges, des étudiants, des citoyens de Clichy-sous-Bois, tout simplement, qui ont créé ce mouvement : “ AC ” pour Association collectif, “ L ” pour liberté, “ E ” pour égalité, “ F ” pour fraternité, “ E ” pour ensemble et “ U ” pour unis. Nous souhaitons faire remonter la parole du peuple à ceux que l'on élit. Nous demandons donc aux personnes résidantes en France, de remplir un formulaire en notant leurs thèmes par ordre de priorité, le constat qu'elles en font et surtout leurs propositions pour améliorer la situation. »
“ Prendre sa carted'électeur est le moyen indispensable aux changements ”
En quatre semaines, deux minibus vont ainsi sillonner les grandes villes françaises après les villes parisiennes touchées de plein fouet. « Car les problèmes dépassent les banlieues, poursuit Virginie. A Paris ou en province, les gens demandent plus de considération, de respect et se plaignent de la précarité. Ces questionnaires, nous les remettrons à l'Assemblée nationale en octobre prochain. » Le collectif entend utiliser ce cahier de doléances comme un outil démocratique. « Il faut comprendre que prendre sa carte d'électeur donne un réel poids à notre démarche et que, de toute façon, c'est le moyen indispensable aux changements », continue Samir, porte-parole du collectif. Lors du débat organisé en fin d'après-midi, le jeune professeur soulignait la relative qualité de vie tourangelle et insistait sur le besoin de développer le dialogue pour la défendre et éviter les dérapages. Des messages déjà diffusés localement par les associations Ma cité va voter, Sam'ira et Diversi-t37. Dès le mois de mai, cette dernière lance d'ailleurs une mobilisation civique afin de réduire la fracture citoyenne et culturelle qui s'installe dans les quartiers. Un an avant les échéances de 2007…
Contacts : aclefeu@laposte.net ;
diversit37@voila.fr ou 06.67.93.76.63.
Magalie BERRY
La Nouvelle République
Mecredi 19 avril 2006
